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Paul STAICU
19 février 2021
«C’est par le manque que l’on apprécie les choses»

«C’est par le manque que l’on apprécie les choses»

Marguerite Yourcenar

On les entendait depuis toujours, les grandes phrases ; les mots à résonance fondamentale ; les poncifs qui jalonnent notre pensée d’êtres contemporains. On y était tellement habitués qu’ils nous semblaient normaux, acquis, immuables - à jamais garants de notre liberté au sens complet, généreux, du terme. En fait, tellement présents qu’on ne les voyait plus.

La France en tant qu’étendard de ces idées et de leur avènement, on le savait aussi. La pensée des lumières ayant creusé son chemin aux dépens de tous les obscurantismes, rayonnant encore aux quatre points cardinaux ... ça peut vous changer carrément un destin - si si, j’en sais quelque chose. Les résonances fondamentales continuent encore aujourd’hui à bercer des espoirs de par le monde.

Jamais on ne pensait devoir se demander ce qu’il arriverait si elles venaient à disparaître... Inimaginable, impossible - voir grotesque - rien que de l’évoquer. Donc voilà : le simple fait d’avoir à se poser la question situe la gravité du cadre. Car finalement, ces acquis historiques sont-ils fixés à jamais, ou continuent-ils à nous demander un prix ? Maintenant qu’on les voit trébucher sur l’autel d’une sécurité sanitaire finalement inatteignable en l’état, nous devons comprendre qu’il n’y a pas de vie sans risque, ni progrès sans erreurs ou sécurité absolue.

Empêcher de vivre afin d’empêcher de mourir, voilà un concept singulier. Attention : on ne remet pas en question la réalité ; il suffit d’avoir contracté soi-même ce virus des temps nouveaux - là aussi, j’en sais quelque chose. En première ligne, les professionnels de santé luttent vaillamment jour après jour. Cependant ... ils le font tous les ans ; oui, nous sommes attaqués annuellement par des grippes diverses ; oui, les virus mutent ; oui, des décès sont à déplorer. C’est ainsi depuis toujours puisque c’est le cycle de vie. Les virus nous ont précédés sur terre, nous le savons. Nous partageons l’espace, pour ainsi dire, car le règne vivant prend moult formes si diverses.

Ce qui a vraiment changé, cette fois, c’est l’angle de vue. Dramatiquement. Lourdement. Comme si soudainement on décidait que cette cohabitation naturelle n’était plus acceptable. Que l’humain devrait s’affranchir d’un virus donné pour demeurer ... socialement acceptable. On vous souhaite aseptisé telle une brique de lait, sans quoi vous devez rester au frigo (oups, pardonnez l’humour noir). On réinvente nos organismes en leur dictant ce qu’ils ont le droit de contenir ou pas. Désolé mais comment ne pas penser à une forme d’eugénisme moléculaire digne soit d’un Star Trek, soit carrément de Big Bang Theory ?

La vie doit continuer. Les médecins savent ce qu’il y a à faire, comment traiter, qui confiner ou non, quels médicaments font le job etc. Les journalistes leur donnant la leçon n’apprécieraient pas qu’on la leur fasse à leur tour. Nous avons besoin d’un réveil, d’une normalisation, tout simplement de calmer nos esprits - et de revenir aux vraies réalités. Les grand-mères disaient jadis « remettre l’Église au centre du village ». C'est simple non ? L’hôpital aux docteurs, la sobriété aux médias, la transparence aux politiques, le bon sens à tous.

Qui est plus sûr : un métro bondé ou un théâtre espacé ?

Paul C. STAÏCU

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